A l'appel de la CFDT et du SNJ, le personnel parisien de l'Agence Reuters a massivement voté un mouvement de grève de 24 heures, pour ce mercredi, afin de protester contre le licenciement d'un journaliste de 54 ans, ayant 34 ans d'ancienneté dans l'entreprise, pour un motif économique qu'ils jugent totalement injustifié au regard des bons résultats de l'Agence en France.
La forte participation des salariés à ce mouvement illustre leur « ras-le-bol » face à l'aggravation de leurs conditions de travail, dans un groupe international qui, pour réduire ses coûts, taille sans discernement dans ses effectifs (près de 5.000 suppressions d'emplois prévues sur cinq ans) et procède à des arbitrages inadmissibles :
- Concomitemment à cette annonce, la direction a accordé à quelques journalistes des augmentations de salaire dont le montant dépasse largement le salaire du journaliste menacé de licenciement.
- Reuters n'a pas hésité, pour des questions de « prestige », à tripler son loyer annuel et à procéder à des dépenses somptuaires pour aménager ses nouveaux locaux parisiens. La simple augmentation de loyer représente chaque année l'équivalent de plus de 80 emplois.
- La direction se refuse systématiquement à revoir les avantages des mieux lotis de l'Agence (voitures de fonction, salaires moyens annuels de près de 150.000 euros, etc.) pour faire porter ses économies sur les personnes les plus fragiles, même si leur rôle est indispensable au bon fonctionnement de l'entreprise.
Le mécontentement du personnel reflète également le discours contradictoire et inconstant de la direction :
- Présentant, le mois dernier, au Comité d'entreprise, les mesures d'économies décidées pour 2004, la direction n'a jamais évoqué le moindre licenciement économique à la rédaction.
- D'un côté, la stratégie annoncée du groupe Reuters consiste, selon ses dires, à se recentrer sur ses métiers de base comme la rédaction pour sortie de l'ornière ; de l'autre, la direction ne cesse d'en réduire les moyens (suppressions de postes, quasi-disparition du budget piges, blocage de certains salaires, etc).
Le personnel de l'Agence sera réuni ce mercredi en assemblée générale, à 14h00, pour décider des suites à donner à ce mouvement.