Cavada : Lourd héritage

Syndicat National des Journalistes SNJ Radio France

Comme annoncé depuis des mois, et en dépit de ses dénégations, Jean Marie Cavada a quitté Radio France pour se consacrer à la vie politique. C'est son choix.

Il laisse un lourd héritage à son successeur.

Accueilli favorablement dès sa nomination, et capable de signer un accord positif à propos des 35 heures, il achève son mandat écourté en traitant « d'imbéciles et d'écervelés » les journalistes de ses rédactions, ce qui, au-delà des mots, révèle toute une gestion humaine.

- Il a menacé, intimidé, demandé et obtenu des têtes, quand elles lui déplaisaient, et en a imposé d'autres, quand elles lui revenaient.

- Il a géré les précaires sans considération, inventant des critères rétroactifs, professionnellement inapplicables, et humainement implacables

Jean Marie Cavada a engagé toute une série de chantiers le plus souvent laissés en plan, et en a lancé d'autres, dans l'improvisation.

- Il a engagé l'unification des locales par le plan Bleu, pour le décapiter en créant une City Radio aux missions et aux moyens toujours indéfinis.

- Il a créé des stations locales sans les postes qui vont avec.

- Il a engagé le déménagement de France Inter, dans un désordre et une imprévision qui se révèlent terriblement coûteux.

- Il a lancé la numérisation des antennes pour la réduire à des noyaux pédagogiques.

- Il n'a pas traité le dossier explosif des droits d'auteur.

- Il a envenimé le conflit sur les disparités en février dernier, en allumant la mèche, puis en soufflant sur la braise. Les négociations prévues par l'accord sur la sortie de grève n'ont toujours pas commencé.

Précaires, gestion sociale, déménagement, numérisation, régionalisation, dialogue, transparence, les problèmes sont immenses.

Le SNJ en saisira, dans un esprit constructif, le prochain Président.

Paris, le 27 avril 2004